Le diabète sucré (diabetes mellitus) est une maladie du métabolisme qui se rencontre de plus en plus fréquemment dans le monde. D'après les estimations de la Fédération Internationale du diabète (FID), le nombre de personnes atteintes de diabète en Europe est d'env. 60 millions, et il serait de 463 millions dans le monde. Jusqu'en 2045, on s'attend à compter env. 68 millions de personnes atteintes de diabète en Europe et 700 millions dans le monde.

Il faut bien reconnaître que tout d’abord, le diagnostic surprend et effraye. Vous êtes confronté(e) à une situation inattendue et ne savez pas exactement ce qui vous attend et comment cela va affecter votre vie de tous les jours. Cependant, il y a quelque chose qui différencie le diabète des autres maladies: c’est qu’il dépendra de votre attitude. On n’entend par là non seulement le contrôle de vos taux de votre glycémie, mais aussi et surtout votre comportement face à la maladie ainsi que la manière dont vous l’aborderez. À part le diabète sucré, il n’existe que peu d’autres maladies pour lesquelles vous pouvez vous-même contribuer personnellement à l’amélioration de votre qualité de vie par une adaptation de vos habitudes de tous les jours.

Les règles strictes auxquelles les diabétiques étaient soumis par le passé ne sont aujourd’hui valables que dans une mesure restreinte, car les diabétiques ne sont en fait que des «malades au conditionnel».

Qu’est-ce que le diabète?

Une personne adulte se compose pour environ 1% de différentes molécules de sucre. Ces molécules de sucre, également appelées «hydrates de carbone» ou «glucides» ne représentent pas seulement des éléments constitutifs de nombreuses cellules et tissus mais également une importante source d’énergie. Le cerveau humain obtient son énergie exclusivement à partir de glucose (un  type de sucre) que le sang doit continuellement lui fournir.

Le diabète sucré (diabetes mellitus) est une maladie du métabolisme dont souffrent de nombreuses personnes aujourd’hui et dont la fréquence s’accroît fortement dans le monde entier.

Traduit littéralement, «diabetes mellitus» signifie «un écoulement à travers le corps sucré comme du miel». On entend par là une élimination du glucose par l’urine. Cette maladie métabolique se caractérise par une défaillance de la fonction régulatrice de l’insuline, une hormone qui est produite par le pancréas et qui est responsable du contrôle de la concentration de glucose dans le sang.

L’insuline est une hormone vitale. Elle ne peut pas être remplacée, car c’est la seule hormone qui permet de maintenir le taux sanguin de glucose (glycémie) à un niveau constant.

L’insuline transporte le glucose (principal type de sucre) dans les cellules musculaires et le foie, où les molécules de glucose sont soit stockées sous forme de glycogène, soit utilisées par le métabolisme pour produire de l’énergie. De cette façon, chez le sujet en bonne santé, la concentration de glucose dans le sang ne varie que dans une marge très étroite. Par ailleurs, l’insuline empêche la formation propre de glucose dans le foie (gluconéogenèse) et permet au corps d’accumuler des réserves d’énergie sous forme de lipides et de glycogène.

Les différentes formes de diabète

Le diabète de type 1
Lors du diabète de type 1, la production propre d’insuline par le pancréas fait entièrement défaut. Cela résulte de l’effet de certaines protéines de l’organisme, appelées «anticorps», qui détruisent les cellules du pancréas responsables de la production d’insuline. On parle pour cette raison d’une maladie auto-immune. Le diabète de type 1 se rencontre surtout chez les jeunes personnes

Le diabète de type 2
On parle de diabète de type 2 lorsque l’insuline n’est plus produite en quantités suffisantes ou lorsque l’effet de l’insuline sur l’organisme est altéré.

L’insuline est certes encore produite chez les patients atteintsde diabète de type 2, mais les cellules du corps réagissent d’une façon moins sensible à l’insuline (elles sont «résistantes à l’insuline»).

Le diabète de type 2 est la forme la plus courante de diabète et les causes principales qui y conduisent sont une prédisposition génétique, excès nutritionnels ou apports caloriques trop élevés, excès de poids et trop peu d’exercice. C’est pour cette raison qu’en parallèle aux contrôles du taux de glucose dans le sang au cours du traitement du diabète, non seulement les contrôles des lipides sanguins et de la tension artérielle mais également un style de vie sain et l’arrêt du tabac revêtent une signification particulièrement importante. Plus la corpulence d’un patient atteint de diabète de type 2 est forte, plus l’effet de l’insuline encore disponible est mauvais

Le diabète gestationnel
Ce type de diabète apparaît pendant la grossesse et régresse en règle générale complètement après l’accouchement. Outre une prise de poids importante, on observe souvent chez les femmes atteintes une prédisposition génétique pour un diabète de type 2. Pour cette raison, les femmes concernées devraient régulièrement se faire contrôler le taux de glucose dans le sang après la grossesse.

Il existe également d'autres formes de diabète, mais elles se présentent beaucoup plus rarement.

Comment reconnaît-on le diabète?

Lorsque l’insuline fait défaut, le taux de glucose (principal type de sucre) dans le sang s’élève si fort que ce que l’on appelle «le seuil rénal» est dépassé et le glucose est éliminé par les reins avec l’urine. Lorsque le glucose apparaît dans l’urine, le débit urinaire s’accroît fortement, ce qui explique le fait que les personnes atteintes doivent se rendre plus souvent aux toilettes (polyurie) et souffrent simultanément d’une forte soif (polydipsie).

Le diabète de type 2 est souvent constaté au bout de plusieurs années seulement, dans le cadre par exemple d’un examen médical, ou lorsque les premières complications se présentent, comme par exemple une mauvaise cicatrisation des plaies ou bien des troubles visuels.

Le diagnostic du diabète est posé lorsque le niveau de sucre mesuré dans le plasma sanguin à jeun dépasse 7.0mmol/l.

Mais il peut aussi y avoir diabète lorsque la concentration de sucre dans le sang dépasse 11.1mmol/l n’importe quand au cours de la journée ou bien après un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO). Lorsque les valeurs ne sont pas indiscutables, on ne peut poser de diagnostic sans avoir réalisé une seconde mesure. On peut en outre aussi constater un diabète avec une valeur élevée d’HbA1c de 6.5%.

Les personnes ayant une histoire de diabète de type 2 dans la famille ou qui sont menacés par d’autres facteurs de risque (excès pondéral, manque d’exercice, troubles hormonaux ou métaboliques) devraient se faire contrôler la glycémie régulièrement après l’âge de 40 ans.

L’HbA1c et la glycémie

Un paramètre important chez les diabétiques est l’hémoglobine glycosylée A1c (hémoglobine à laquelle du glucose s’est lié, HbA1c). L’hémoglobine est un composant des globules rouges. Dans le sang, une partie du glucose se lie très fortement à l’hémoglobine. Par la mesure de l’HbA1c, on peut déterminer la fraction de l’hémoglobine à laquelle du glucose est lié. Cette fraction est exprimée en pour-cent. Une fraction d’HbA1c élevée au moment de la mesure indique que la glycémie a été mal contrôlée au cours des trois derniers mois.

Vos valeurs cibles

Le médecin déterminera avec vous vos valeurs cibles personnelles pour le taux de glycémie et l'HbA1c. Ces valeurs peuvent varier en fonction de l’âge, de la durée de la pathologie diabétique, et d’autres facteurs de risque.

L’insuline – une hormone importante

L’insuline est nécessaire afin que les cellules musculaires et le foie puissent extraire le glucose (principale sorte de sucre) du sang

L’insuline est une hormone propre à l’organisme, qui ne peut être produite que par les cellules du pancréas et qui est libérée dans le sang selon le besoin.

Comme une clé imaginaire, cette hormone ouvre certains canaux dans la membrane des cellules («murs» de la cellule) à travers desquels le glucose peut pénétrer à l’intérieur. Ainsi, l’insuline n’a pas seulement comme fonction de permettre l’approvisionnement de la cellule en énergie, mais elle permet également de maintenir la glycémie à un niveau constant.

Lorsque le pancréas produit trop peu d’insuline, il n’y a que trop peu de glucose qui peut pénétrer dans les cellules. Par conséquent, trop de glucose reste dans le sang et la glycémie donc s’accroît.

Le diabète de type 1

Lors du diabète de type 1, le corps n’est plus en mesure de produire sa propre insuline. Les patients atteints de diabète de type 1 doivent donc toujours s’injecter de l’insuline.

Facteurs déclenchants

Au cours du diabète de type 1, le corps produit, suite à un défaut de contrôle du système immunitaire, des anticorps dirigés contre les cellules de son propre pancréas qui produisent l’insuline (cellules ). Pendant un certain temps, ce processus de destruction des cellules se déroule sans qu’on s’en aperçoive. On ne s’en rend alors compte qu’avec l’apparition des symptômes typiques du diabète (soif, besoin fréquent d’uriner, etc.), ce qui se produit lorsque 70 à 90% des cellules (qui produisent l’insuline) sont déjà détruites.


Les causes du diabète de type 1 ne sont pas encore connues à ce jour; on suppose cependant que sur le fond d’une certaine prédisposition génétique, une infection avec certains virus et/ou des facteurs liés à l’environnement jouent un rôle au cours de cette réaction immunitaire dirigée contre les propres cellules du corps (maladie auto-immune).

Qui sont les personnes atteintes ?

Ce sont surtout des personnes de moins de 40 ans et de poids normal qui sont atteintes.

Symptômes

Les signes d’un diabète manifeste, causé par l’incapacité fonctionnelle des cellules du pancréas à produire l’insuline, sont les suivants:

  • polydipsie (forte soif)
  • polyurie (besoin accru d’uriner)
  • diminution des performances, fatigue et états d’épuisement
  • perte de poids
  • susceptibilité accrue aux infections

Le diabète de type 2

Le diabète de type 2 est la forme la plus courante de diabète. Environ 90% des diabétiques souffrent d’un diabète de type 2.

Facteurs déclenchants

Les cellules du pancréas responsables de la sécrétion d’insuline sont encore en  mesure de produire cette hormone mais la quantité produite ne suffit plus pour permettre l’absorption du glucose et des lipides dans les différents tissus. Les cellules qui composent ces tissus ne sont plus sensibles à l’insuline. Pour cette raison, on parle également d’une «résistance à l’insuline».

Le pancréas essaye alors de compenser cet effet diminué de l’insuline en augmentant encore plus la production de cette hormone. Cette surcharge conduit à un épuisement et finalement à une défaillance de la production d’insuline dans l’organisme.

Le risque d’être atteint d’un diabète de type 2 est héréditaire. Pour que le diabète de type 2 se développe, les «facteurs déclenchants» suivants, responsables surtout de la diminution de l’effet de l’insuline, doivent cependant entrer en jeu:

  • excès de poids (90% des patients atteints d’un diabète de type 2 présentent un excès pondéral
  • manque d’exercice et
  • l’âge

Symptômes

Le diabète de type 2 évolue le plus souvent pendant de nombreuses années en l’absence de tout symptôme. La maladie n’est souvent identifiée que lors d’un examen de routine, ou lorsque des complications se présentent, comme par exemple une mauvaise cicatrisation des plaies ou bien des troubles visuels.

Les buts du traitement

Le traitement vise à prévenir les complications tardives et à maintenir une bonne qualité de vie. L’élévation du taux de glucose dans le sang (glycémie) et donc un diabète ne représentent pas un résultat de laboratoire anodin mais bien la base sur laquelle diverses maladies graves peuvent se développer.

En elle-même, une glycémie élevée est indolore. Toutefois, ses conséquences ne menacent pas seulement votre qualité de vie mais mettent votre santé en danger

Il est aujourd’hui établi que l’optimisation du contrôle du diabète permet de réduire le risque d’apparition des complications qui lui sont liées. Il est donc important que des valeurs les plus normales possible de glycémie et de tension artérielle soient maintenues chez les patients atteints de diabète sucré.
Ces valeurs, comme celles de l’HbA1c, qui correspond à la glycémie à long terme, sont individuelles et doivent être déterminés en coopération avec le médecin. Par ailleurs, les taux sanguins de lipides doivent aussi être régulièrement contrôlés, et, le cas échéant, réduits.

Valeurs cibles du traitement du diabète

Les valeurs cibles pour la glycémie, la valeur HbA1c1, le poids, la tension artérielle et les lipides sanguins sont individuelles. Elles sont déterminées au cas par cas par le médecin avec le patient et varient en fonction de l’âge, de la durée de la pathologie diabétique, des pathologies avérées, d’autres facteurs de risque, etc.

 

1L’HbA1c est un paramètre dont la mesure permet de tirer des conclusions en ce qui concerne la glycémie moyenne au cours des 3 derniers mois («mémoire du glucose»)