Différentes sortes de psychoses

On appelle psychoses des affections qui conduisent à une modification du vécu chez les personnes concernées.

Une psychose est généralement un état passager au cours duquel il y a rupture du contact avec la réalité. Idées délirantes et hallucinations sont des signes typiques d’un tel dérangement mental. La personne concernée développe des pensées, voire même des convictions qui ne correspondent pas à la réalité et elle perçoit des choses qui n’existent pas.

Les causes d’une psychose sont diverses. Certaines maladies du cerveau telles que tumeurs, inflammations ou processus de dégénérescence (démences) peuvent provoquer des psychoses. On parle alors de psychoses organiquement induites.

Mais les psychoses peuvent par exemple aussi survenir après un épisode de dépression sévère ou dans le cadre de la maladie maniaco-dépressive (trouble bipolaire), une affection qui se caractérise par l’alternance entre des épisodes dépressifs et des épisodes d’activité excessive et de comportement à risque s’accompagnant d’une estime de soi pathologiquement exagérée. On parle dans ce cas de psychose non organique ou fonctionnelle.

La schizophrénie, une psychose non organique

La schizophrénie est la forme la plus fréquente de psychose non organique. On parle aussi de psychoses schizophréniques car les spécialistes estiment aujourd’hui qu’il s’agit en fait d’un ensemble de maladies ayant des origines diverses.

La gravité et la sévérité des psychoses schizophréniques varient d’un patient à l’autre. L’évolution dans le temps est également très variable. Certaines psychoses régressent rapidement, d’autres réapparaissent régulièrement sous forme d’épisodes psychotiques et d’autres encore évoluent vers une forme chronique.

Modifications de la perception, de la parole et de la pensée

Lors d’un épisode aigu de psychose schizophrénique, on observe au premier plan des modifications de la perception et de la pensée.

La présence simultanée de comportements et de vécus normaux et perturbés chez les personnes concernées est une caractéristique commune des épisodes aigus.

Lors d’un épisode psychotique, le malade entend des bruits ou des voix, sent des odeurs, voit des images et parfois même ressent des sensations sur la peau sans qu’aucun stimulus sensoriel ne lui soit parvenu. Les pensées manquent de lien logique, elles sont désordonnées et relèvent plutôt d’associations. Le discours est de ce fait souvent peu compréhensible. Le malade est prisonnier d’idées délirantes, il se sent par exemple poursuivi ou menacé.

Que veut dire «schizophrène»?

Comme beaucoup de termes médicaux, le mot «schizophrène» a une étymologie grecque; il signifie littéralement «division de l’esprit» ou «esprit divisé».

Cela ne signifie pas que le malade connaît un dédoublement de la personnalité, mais que, lors d’une psychose aiguë, il ressent et appréhende deux réalités différentes. Lors d’une crise aiguë, les schizophrènes expérimentent des choses et ressentent des sensations que les personnes saines ne peuvent pas concevoir.

La psychose schizophrénique

La psychose schizophrénique est une maladie mentale caractérisée par des modifications de la pensée, de la perception et du comportement.

Les malades ne sont par instants plus en mesure de faire la différence entre la réalité et leurs propres illusions. Ils sont extrêmement sensibles. Souvent, les personnes atteintes de psychose schizophrénique ne se considèrent pas comme malades, car les sensations qu’elles éprouvent sont pour elles tout à fait réelles.

Chacun de nous peut être atteint d’une psychose schizophrénique. La maladie se déclare souvent déjà à l’adolescence ou chez les jeunes adultes. Les chances de la traiter efficacement sont nettement améliorées si elle est décelée à un stade précoce.

Signes d’alarme précoces d’une psychose schizophrénique

Dans environ 75% des cas, le tableau clinique complet de la psychose schizophrénique est précédé par un stade avantcoureur appelé phase prodromique, qui peut durer d’une à plusieurs années. Il se caractérise par des troubles non spécifiques de la perception, du comportement et de la compétence sociale.

Parmi les symptômes avant-coureurs possibles, on trouve:

  • des troubles de la concentration
  • des modifications de la perceptio
  • des troubles du sommeil et l’absence d’élan vital
  • une méfiance accrue

De tels signes d’alarme apparaissent déjà des mois ou des années avant le début d’une phase aiguë de schizophrénie. Comme ces symptômes surviennent en règle générale à la fin de l’adolescence, il est parfois difficile de les différencier du comportement particulier qu’adoptent alors certains adolescents ou encore des symptômes d’une autre maladie mentale.

On observe généralement chez les personnes concernées un repli sur soi, une négligence de leur apparence et une baisse de motivation à l’école ou au travail.

Fréquence de la psychose schizophrénique

Près d’un pour-cent de la population souffre au moins une fois dans sa vie d’une affection schizophrénique ou de type schizophrénique.

La maladie se déclare généralement entre la puberté et la 35e année de vie. Apparaissant après 40 ans seulement, les schizophrénies tardives sont plus rares et concernent plutôt les femmes.

Spécificités propres à chaque sexe

La fréquence de la maladie est pratiquement la même dans toutes les couches sociales de la population et chez les deux sexes. On observe toutefois certaines différences:

Chez les hommes, la maladie se déclare généralement entre la 15e et la 24e
année de vie, ce qui signifie que les jeunes hommes sont touchés et éventuellement exclus à un moment particulièrement sensible de leur vie. Leur développement mental, intellectuel et physique, la formation scolaire ou professionnelle, les premières expériences professionnelles ainsi que les contacts avec l’autre sexe et la recherche d’une ou d’un partenaire s’en trouvent perturbés.

Chez les femmes, la maladie apparaît normalement un peu plus tard, en général entre la 20e et 29e année de vie.
On observe également un autre pic, moins important, entre 40 et 50 ans, correspondant au début de la ménopause. Les femmes ont donc à cet âge un risque plus élevé de tomber malades, mais, considérant la durée de vie dans son ensemble, ce risque est pratiquement le même chez les deux sexes.

Si la maladie se déclare chez une personne ayant pu jusqu’alors construire sa personnalité, achever sa formation, trouver un partenaire et fonder une famille, elle aura moins de répercussions sur la poursuite de son développement social que si elle survient chez un adolescent ou un jeune adulte, touché par la maladie à un moment extrêmement vulnérable de son existence.

Causes et facteurs déclencheurs

La prédisposition aux psychoses schizophréniques est héréditaire à hauteur de 70 à 80%. Mais des indices mettent aussi la maladie en relation avec des lésions cérébrales minimes survenues lors de la petite enfance, par exemple suite à des complications au cours de la grossesse ou de la naissance.
Autant les facteurs héréditaires que les complications survenues avant ou pendant la naissance semblent provoquer un léger trouble du développement cérébral. Cette situation n’est pas encore synonyme de maladie, mais elle conduit à une vulnérabilité accrue pour la maladie. Différentes sollicitations agissant comme facteurs déclencheurs doivent s’y ajouter pour que la maladie se déclare effectivement (voir ci-dessous).

L'explication de l'image: Les schémas A, B et C montrent différents niveaux de vulnérabilité (moyen, élevé et faible). Dans les trois cas s’y ajoute un stimulus stress identique. Si la vulnérabilité est faible (C), ni la valeur seuil pour les signes avant-coureurs d’une psychose (phase prodromique) ni celle pour une psychose ne sont atteintes. En revanche, la personne A développe des symptômes avant-coureurs et la personne B une psychose.

Au cours d’un épisode schizophrénique aigu, des modifications biochimiques se produisent dans le cerveau. La dopamine notamment, une substance messagère présente dans le cerveau, joue un rôle essentiel; elle déploie en effet une activité excessive pendant une psychose aiguë, ce qui conduit à une hyperexcitabilité du cerveau.

On appelle neuroleptiques les médicaments qui permettent de traiter la schizophrénie en influençant le système de transmission et les substances messagères qui y participent.

Les drogues en tant que facteurs déclencheurs

Plusieurs études ont démontré que l’abus de cannabis par exemple, favorisait l’apparition de symptômes psychotiques et pouvait déclencher une psychose schizophrénique.

Le stress en tant que facteur déclencheur et le modèle vulnérabilité-stress

Les poussées schizophréniques surviennent souvent dans des situations de vie particulièrement difficiles. Selon le modèle vulnérabilité-stress, certaines sollicitations comme par exemple

  • des conflits interpersonnels,
  • le déménagement hors du domicile parental,
  • la perte de personnes proches ou
  • des situations de stress professionnel

peuvent déclencher une psychose schizophrénique chez des personnes présentant une vulnérabilité héréditaire.

La dose de stress est la même chez les trois personnes (colonnes A, B et C de la figure), mais elles présentent une vulnérabilité différente, dépendant de leur terrain biologique propre. Les ressources face au stress ainsi que les stratégies de gestion des problèmes et des conflits diffèrent selon chaque individu.

Selon le modèle vulnérabilité-stress, plus la vulnérabilité est faible, plus le stimulus stress conduisant au dépassement de la valeur seuil et à l’apparition des symptômes correspondants, doit être grand.

Évolution de la maladie

La phase prodromique
A ce stade, on n’observe pas encore de symptômes classiques de la schizophrénie.
Il s’agit plutôt d’une baisse des performances en général. Les personnes concernées ont de plus en plus de mal à se concentrer sur leur travail ou sur d’autres tâches de la vie quotidienne. Anxiété et troubles du sommeil sont fréquents, de même qu’un repli marqué sur soi.
Des idées délirantes se profilent peut-être déjà ou la pensée devient de plus en plus confuse.

La phase évolutive (phase floride)
Au cours de cette phase, qui est celle de la maladie proprement dite, apparaissent les symptômes psychotiques typiques (voir ci-dessous).

La phase résiduelle
Les symptômes de cette 3e phase rappellent ceux de la phase prodromique.
Les symptômes aigus ont généralement disparu, mais le patient n’est pas pour autant redevenu le même qu’avant.
On observe souvent un état d’épuisement: le malade a un besoin accru de sommeil et peut connaître des dépressions (dépression post-psychotique). Cette phase est parfois courte; le patient récupère pratiquement toutes ces capacités et peut à nouveau mener sa vie comme par le passé.
Mais il arrive aussi que le malade continue de souffrir de symptômes résiduels et qu’il demeure en phase résiduelle pendant une période prolongée.

Il est difficile de pronostiquer si un patient «se remettra» complètement après un premier épisode psychotique ou si la maladie continuera de le perturber.

Der Langzeitverlauf

  • Il arrive que le patient ne connaisse qu’un seul et unique épisode dans sa vie: une fois psychotique et jamais plus.
  • Une évolution par épisodes est possible. Les patients récupèrent après un épisode pathologique et connaissent un nouvel épisode après plusieurs mois, années ou parfois même décennies de répit. Des épisodes schizophréniques peuvent survenir à plusieurs reprises au cours de la vie.
  • La schizophrénie peut devenir chronique. Après un épisode pathologique aigu, on observe parfois des périodes d’affaiblissement général avec manque d’énergie, de créativité et d’élan vital (voir à ce propos la description des symptômes négatifs), qui parfois se prolongent. Ou alors les troubles de la perception tels des hallucinations et des délires (voir les symptômes positifs) se prolongent. Certains symptômes de la schizophrénie sont susceptibles d’accompagner le patient pendant longtemps, parfois même pendant toute sa vie.
  • Les patients atteints de schizophrénie se suicident dans environ 5 à 10% des cas.

Symptômes

Symptômes avant-coureurs ou phase prodromique de la maladie

Les symptômes généraux suivants peuvent être les signes avant-coureurs (prodromes) d’une psychose schizophrénique débutante:

  • nervosité accrue
  • instabilité mentale en général
  • troubles frappants de la mémoire et de la concentration
  • distraction
  • parfois état d’accaparement total ou de plongée dans ses propres pensées
  • fatigabilité rapide
  • ralentissement mental, intellectuel et parfois physique, allant jusqu’à une incapacité incompréhensible à prendre des décisions ou à un manque d’élan vital
  • sautes d’humeur
  • irritabilité
  • agressivité; parfois comportement hostile sans raison
  • troubles du sommeil et déambulation nocturne
  • baisse des performances scolaires ou professionnelles
  • incapacité à profiter de la vie sans raison
  • humeur anxieuse et dépressive, voire mélancolique
  • sentiment de vide intérieur, parfois même de mort
  • insociabilité croissante allant jusqu’à des rapports interpersonnels  extrêmement distants et froids avec les parents, les frères et sœurs, le ou la partenaire, les amis, les proches, les voisins, les camarades d’école, les collègues de travail, etc.
  • repli social et isolement

Symptômes de la psychose schizophrénique

Les symptômes des psychoses schizophréniques sont multiples. Les spécialistes distinguent les symptômes dits «positifs» et les symptômes dits «négatifs».

Symptômes positifs

Dans l’épisode psychotique aigu, ce sont surtout les symptômes psychotiques ou symptômes positifs qui apparaissent.
Les symptômes positifs sont une accentuation du vécu normal. Les délires, les hallucinations, les troubles du moi et certaines perturbations de la pensée sont caractéristiques de cette symptomatique.

Délires
Il s’agit d’appréciations erronées de la réalité qui s’avèrent impossibles à corriger. Les délires les plus fréquents sont le délire de persécution et le délire d’interprétation. Les malades se sentent persécutés ou rapportent dans leur délire le comportement d’autrui à eux-mêmes. Le patient vit simultanément dans le monde réel et dans celui du délire.

Hallucinations
Une perception sensorielle est ressentie alors qu’aucun stimulus sensoriel n’a été enregistré. Cette illusion peut concerner tous les organes des sens, mais les hallucinations acoustiques sont les plus fréquentes. Les malades croient entendre des voix qui leur donnent des ordres ou s’entretiennent à leur sujet.

Troubles du moi
La frontière entre le moi intime et l’environnement est ressentie comme perméable. Le corps, les pensées et/ou les émotions sont ressentis comme étrangers, formés ou dictés de l’extérieur.

Perturbations de la pensée
Il s’agit de distorsions du cours de la pensée, de distraction s’accompagnant de raisonnements précipités et illogiques ou d’interruptions du raisonnement sans motif apparent.

Symptômes négative

Par ailleurs, les malades atteints d’une psychose schizophrénique présentent des symptômes traduisant des restrictions plus ou moins fortes du vécu normal dans certains domaines. On parle de symptomatique négative.

Perte de l’élan vital
On observe, comme dans la dépression, une perte de l’élan vital. Les malades ont de plus en plus de mal à prendre des décisions ou à s’acquitter des tâches de la vie quotidienne.

Repli social
Les personnes concernées se replient sur elles-mêmes; elles perdent le contact avec leurs amis et leurs proches. Les contacts avec le monde extérieur se raréfient pour finalement disparaître complètement. Il en résulte un isolement social.

Affaiblissement de l’affect
On observe une perte ou un affaiblissement des émotions. Les personnes concernées constatent avec douleur qu’ils n’éprouvent plus d’émotions fortes.

Troubles de la concentration
La capacité de performance du cerveau diminue. Il en résulte des difficultés à utiliser des machines ou à conduire des véhicules par exemple.

Ralentissement
La capacité de réagir de manière correcte, rapide et adéquate face à certaines situations est limitée.

L’intensité de ces symptômes varie fortement d’une personne à l’autre.

Possibilités de traitement

Il est aujourd’hui possible de soigner la psychose schizophrénique

Si la psychose a été diagnostiquée et traitée rapidement, si elle s’est déclarée subitement et si les facteurs déclencheurs ont eu un impact massif, alors son pronostic est d’autant plus favorable. Il est aujourd’hui possible de guérir de nombreux patients. Pour beaucoup d’autres, le soutien dont ils peuvent profiter leur permet de gérer leur vie d’une manière relativement paisible. Certains patients enfin continuent de présenter des symptômes, même sous traitement psychiatrique. Mais une intégration sociale est en général tout de même possible.

Les facteurs suivants sont décisifs pour l’évolution et le pronostic de la maladie.

  • Plus la psychose schizophrénique est traitée tôt, plus son évolution est favorable.
  • Le traitement doit reposer sur des bases scientifiques et suivre les recommandations officielles.
  • Le traitement doit toujours s’adapter à la situation et aux besoins spécifiques de chaque patient.
  • L’équipe soignante doit pouvoir suivre le patient à travers les différentes phases de la maladie de manière continue. Si nécessaire, l’équipe doit pouvoir réaliser des visites au domicile du patient.
  • La réhabilitation doit déjà commencer lors du traitement aigu. Le séjour en clinique doit être le plus court possible.
  • La réinsertion professionnelle doit faire partie du principe général de réhabilitation précoce.
  • Les patients ainsi que leurs familles et amis doivent prendre part activement à la mise en œuvre du traitement.

Traitement médicamenteux

On appelle antipsychotiques ou neuroleptiques les médicaments qui sont utilisés pour le traitement de la schizophrénie.
Ils atténuent les symptômes psychotiques tels que délire, hallucinations et troubles du moi.

Ils sont utilisés aussi bien en clinique qu’en ambulatoire et s’avèrent indispensables à la mise en œuvre d’un traitement efficace.

Cette remarque est valable autant pour le traitement de la phase aiguë que pour le traitement à long terme, ce dernier étant particulièrement important pour la prévention des rechutes. Mais le traitement médicamenteux doit toujours être complété par d’autres mesures telles que la psychothérapie, la sociothérapie et la psychoéducation.

La classification des neuroleptiques

Les neuroleptiques sont classés selon la puissance de leur activité antipsychotique.

Neuroleptiques d’action puissante
Ce sont les médicaments les plus importants pour le traitement des psychoses. Ils agissent contre le délire, les hallucinations, les troubles du moi et ceux de la pensée, c’est-à-dire contre les symptômes psychotiques aigus ou symptômes positifs. Leur administration se poursuit après la disparition des symptômes aigus afin de prévenir les rechutes – pendant des mois voire des années, selon l’évolution de la maladie.

Neuroleptiques de faible puissance
En raison de leur effet plutôt tranquillisant et de leur action antipsychotique moins prononcée, ils sont surtout utilisés pour traiter les états d’agitation, d’anxiété et d’excitation tant au niveau mental que physique. C’est pourquoi ils sont volontiers utilisés à titre de médication complémentaire transitoire. Administrés à une posologie réduite, ils ont un effet tranquillisant; à une posologie plus élevée, ils agissent comme somnifères.

Parmi les antipsychotiques d’action puissante, on distingue également deux groupes: celui des neuroleptiques typiques ou classiques et celui des neuroleptiques atypiques ou modernes.

Neuroleptiques typiques (classiques)
Il s’agit des antipsychotiques de l’ancienne génération (halopéridol par ex.), qui, en plus de leurs effets antipsychotiques, provoquent parfois des effets secondaires de forte intensité, notamment au niveau de la motricité.

Neuroleptiques typiques (modernes)
Ils provoquent moins d’effets secondaires au niveau moteur que les neuroleptiques classiques, mais en revanche ils engendrent d’autres effets secondaires tels que prise de poids ou troubles hormonaux.

Les neuroleptiques, des médicaments mal aimés mais pourtant essentiels

Le but du traitement médicamenteux est de mettre de l’ordre dans les pensées et les perceptions, d’atténuer l’excitation cérébrale excessive et de prévenir l’apparition d’une nouvelle psychose schizophrénique.

Les avantages d’un traitement à base de médicaments psychotropes l’emportent par rapport aux inconvénients liés à leurs effets indésirables.

Le traitement médicamenteux peut:

  • supprimer les symptômes psychotiques aigus
  • contribuer à réduire le nombre des hospitalisations
  • améliorer la qualité de vie
  • protéger contre les rechutes
  • atténuer le risque d’une évolution vers la chronicité
  • réduire le risque de suicide


Ce but n’est toutefois pas atteint uniquement grâce aux médicaments psychotropes. Les chances de réussite du traitement augmentent grâce à la combinaison de différentes approches thérapeutiques telles qu’éducation et information des malades, psychothérapie, programmes d’entraînement psychologique, mesures de réhabilitation, conseils donnés aux proches, etc.

A quels effets secondaires faut-il s’attendre?

Les effets indésirables des neuroleptiques sont souvent à l’origine de l’interruption d’un traitement. En mettant au point les neuroleptiques de la nouvelle génération, on a donc particulièrement veiller à minimiser ces effets secondaires.

Le médecin, d’entente avec le patient, choisit une posologie permettant d’obtenir une réduction aussi efficace que possible des troubles tout en maintenant les effets indésirables à un niveau aussi bas que possible.

Dans tous les cas, il vaut la peine de discuter avec son médecin des éventuels effets secondaires.

La tolérance individuelle face aux neuroleptiques est très variable. 10mg de la substance X provoque déjà des effets secondaires chez un patient, alors qu’un autre ne ressent rien jusqu’à la dose de 200mg. Il est malheureusement impossible de prévoir cette forte variation interindividuelle.
C’est pourquoi il convient d’adapter individuellement la dose chez chaque patient.

La tolérance au traitement médicamenteux dépend du principe actif lui-même, mais aussi du mode d’administration, de l’âge, de l’état de santé, du sexe, de la vitesse d’augmentation de la dose (la tolérance est d’autant meilleure que la progression est lente) et du niveau d’information du patient concerné.

Fatigue et déficit d’orientation

Certains neuroleptiques provoquent une fatigue au cours des premiers jours de traitement. La faculté d’orientation et la concentration peuvent être perturbées. Au volant d’un véhicule, les capacités de réaction peuvent également être affectées.
Ces effets secondaires sont parfois passagers, mais il est préférable que les personnes se trouvant dans la phase aiguë de la maladie ainsi que celles ayant débuté un traitement médicamenteux renoncent à conduire un véhicule.

Les patients étant susceptibles de nuire à eux-mêmes et à autrui, il faut pouvoir s’assurer que les capacités de réaction ne sont pas perturbées. Un examen spécifique permet de le constater.

Troubles des mouvements

Des troubles des mouvements (ou troubles moteurs) apparaissent surtout avec les neuroleptiques de l’ancienne génération comme l’halopéridol. Avec la nouvelle génération de neuroleptiques atypiques, la fréquence de ces effets secondaires a nettement diminué.

Au début de traitement, certains patients ressentent des contractions musculaires involontaires au niveau de la bouche ou du cou. Ces contractions sont spectaculaires et peuvent faire peur à l’entourage, mais elles ne sont pas graves. Elles régressent spontanément ou peuvent être facilement supprimées grâce à l’administration d’un médicament. Après quelques semaines de traitement, il apparaît parfois une certaine perte de motricité, qui peut s’accompagner d’une salivation accrue et d’un état dépressif. Il arrive aussi que les patients ressentent un besoin impérieux de bouger les jambes: ils ne peuvent pratiquement plus rester debout ou assis sans bouger les jambes. Il est conseillé de consulter le médecin si de tels effets secondaires apparaissent et les proches doivent encourager les patients à le faire.

Si le traitement neuroleptique se poursuit à long terme, d’autres troubles moteurs peuvent apparaître, mais chez un petit nombre de patients seulement.
Les effets secondaires tardifs sont malheureusement plus difficiles à traiter que les effets apparaissant au début du traitement. C’est pourquoi le médecin planifie dès le début le traitement pour que de tels effets secondaires n’apparaissent pas ou qu’ils demeurent les plus faibles possibles.

Autres effets secondaires

D’autres effets secondaires du traitement neuroleptique sont par exemple des troubles circulatoires, des modifications de la formule sanguine, des modifications de l’ECG, des troubles hépatiques, une prise de poids ou des troubles hormonaux.

Le traitement par des neuroleptiques ne doit jamais être interrompu brusquement; il faut au contraire réduire la posologie graduellement, aussi lentement que possible (sur plusieurs mois) et sous contrôle médical afin d’éviter une rechute.

Traitement non-médicamenteux

Les traitements non-médicamenteux de la schizophrénie comprennent entre autres:

  • information/psychoéducation
  • programmes d’entraînement psychologique
  • réhabilitation professionnelle
  • mesures d’ordre social
  • «Case Management»
  • travail avec les proches

Psychothérapie

Pour pouvoir débuter une psychothérapie, il faut que le patient ait pu rétablir un contact suffisant avec la réalité, rendant possible une collaboration adéquate avec le thérapeute. Pour cela, il faut en général attendre que le traitement médicamenteux ait déployé son efficacité.

Afin de prévenir les rechutes, les patients doivent apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs et développer des facultés de gestion des situations potentiellement dangereuses (plan d’intervention).

Comment prévenir les rechutes?

Risque de rechute: reconnaître les signaux d’alarme!

Les effets indésirables des neuroleptiques inquiètent fortement beaucoup de malades. Il leur est parfois difficile de les accepter s’ils n’ont pas reçu suffisamment d’informations sur les causes de la maladie et l’importance de la prévention des rechutes.

Risques liés à un manque de compréhension de la maladie

  • Le risque de rechute est accru.
  • La vulnérabilité augmente.
  • La psychose schizophrénique devient chronique.
  • Les malades courent le risque de perdre leur emploi, leur appartement et le contact avec leurs proches.

Des études réalisées avec un grand nombre de patients ont montré que les rechutes étaient nettement plus rares chez les patients qui avaient continué à prendre leurs médicaments après un épisode psychotique.

Pour pouvoir réagir à temps, il faut par ailleurs être en mesure de reconnaître rapidement les symptômes susceptibles d’indiquer une rechute. Le cas échéant, on pourra alors augmenter la posologie des médicaments.

Les symptômes d’alarme précoces sont par exemple: une agitation et des troubles du sommeil, des troubles de la concentration, un repli social, un manque d’hygiène corporelle, un changement dans les activités quotidiennes, une humeur dépressive, une irritabilité et une agressivité, une sensibilité aux bruits, de la méfiance, un intérêt accru pour la spiritualité, le sentiment d’être observé et surveillé et le fait de tout rapporter à soi.

Quel est le rôle des proches?

La maladie psychotique d’un membre de la famille concerne directement tous les proches, car la souffrance du malade influence aussi leur propre vie.

Un milieu familial capable de gérer ses émotions de manière sereine favorise l’évolution des psychoses schizophréniques. Si l’on parvient à améliorer la compréhension vis-à-vis de cette maladie au sein de la famille, on aura jeté les bases d’un traitement réussi

Ouverture d’esprit et compréhension au sein de la famille

L’ouverture d’esprit est nécessaire pour que la famille puisse comprendre la maladie et faire face aux nouvelles conditions de vie qui découlent d’une psychose schizophrénique chez un membre de la famille. Il faut pouvoir parler ouvertement des problèmes pour surmonter la détresse, les soucis et les peurs.

Les proches culpabilisent souvent et se sentent partiellement responsables de la maladie et de l’hospitalisation. Mais c’est seulement en se libérant des sentiments de culpabilité et sans mauvaise conscience aucune qu’il est possible d’aborder le problème dans son ensemble, de devenir un partenaire capable de décider et de négocier, de pouvoir dire oui ou non, de reconnaître ses erreurs et de les corriger, de prendre ou de refuser ses responsabilités.

Conseils à l’intention des proches

Il est bien compréhensible que les proches perdent parfois patience vis-à-vis du malade, qu’ils soient irrités et qu’ils réagissent de manière trop critique.

Toutefois, l’expérience a montré qu’il faut éviter si possible ce type de comportements, car ils peuvent être blessants et/ou humiliants pour le malade.

Il convient donc d’éviter des réactions émotionnelles excessives comme par exemple:

  • une sollicitude excessive et une mise sous tutelle
  • des commentaires critiques
  • un rejet hostile

Bien informés, les proches sont mieux à même de comprendre et d’accepter la maladie. La confiance et la sincérité sont une aide précieuse pour les malades.

Le partage d’expériences avec d’autres personnes se trouvant dans la même situation (groupes d’entraide à l’intention des proches) contribue à sauvegarder son autonomie, à ne pas trop exiger de soi et à ne pas se dévaloriser. En créant ses propres espaces de liberté, il est possible d’y puiser de nouvelles forces pour soi-même et pour le malade.

Il est absolument indispensable de maintenir ou de rétablir les contacts avec l’entourage.

Les proches étant les principaux «co-thérapeutes» des intervenants professionnels, il faut viser une collaboration à long terme.

L’intégration des proches dans la prise en charge de la schizophrénie est aujourd’hui une évidence. Une bonne information et l’absence de préjugés sont essentielles pour que les proches comprennent et acceptent le comportement des malades.

Conseils aux personnes concernées

Comment faire face pratiquement à la maladie

La schizophrénie est une maladie comme une autre. Il est possible de bien la soigner si elle est dépistée tôt et correctement par un psychiatre. Comme d’autres maladies chroniques (hypertension artérielle ou diabète par exemple), elle peut nécessiter un traitement à long terme visant à prévenir les rechutes.

Informez-vous au sujet de la schizophrénie. Des patients bien informés peuvent devenir partenaires de leur traitement. Les médecins et autres soignants sont compétents pour vous informer. Ceux-ci pourront également vous conseiller des livres et des brochures sur le sujet. Participez aux éventuelles réunions de groupe pour obtenir davantage d’informations sur la maladie («groupes de psychoéducation»).

Les médicaments et les thérapies psychosociales sont importants pour améliorer le pronostic et peuvent éviter les rechutes. La plupart des malades profitent de ces deux formes de traitement. Les médicaments ne remplacent pas une psychothérapie, ni l’inverse.

Si vous avez des questions au sujet du traitement, adressezvous à votre médecin ou à un thérapeute.

Certains médicaments peuvent avoir des effets indésirables. Mais il arrive aussi que l’on confonde les effets secondaires des médicaments avec les symptômes de la maladie. Parlez-en à votre médecin afin que vous soyez vous-même au clair sur ce sujet. Les récents développements scientifiques ont permis la mise au point de médicaments dotés den nombreux avantages dont vous pouvez vous aussi profiter, d’entente avec votre médecin.

Si des effets secondaires apparaissent, informez-en votre médecin, mais n’interrompez pas la prise du médicament. Le médecin peut généralement faire quelque chose contre les effets secondaires, par exemple modifier la posologie ou changer de médicament.

Les différentes formes de psychothérapie ne sont pas toutes adaptées à la schizophrénie. Votre médecin vous conseillera dans le choix d’une méthode psychothérapeutique.

Avec l’aide de votre médecin, essayez de reconnaître les signes d’alarme annonciateurs d’une rechute.

Prenez contact avec votre médecin dès l’apparition de signes d’alarme annonciateurs d’une rechute. Au cours d’une phase stable de la maladie, établissez avec lui un «plan d’intervention» qui vous dicte la marche à suivre quand la situation se détériore.

Sachez à qui vous adresser en cas d’urgence, de nuit comme de jour ainsi que pendant les week-ends. Notez les adresses et les numéros de téléphone de ces personnes et gardez ces informations à un endroit bien accessible.

De trop fortes sollicitations et le stress peuvent provoquer une rechute de la maladie. Avec votre médecin ou votre psychothérapeute, cherchez à savoir quelles sont les circonstances conduisant à de telles situations. Vous pourrez ainsi mieux les éviter et mettre au point des stratégies pour mieux gérer les sollicitations et le stress inévitables.

On a parfois tendance à se replier sur soi-même et à éviter le contact avec son entourage. Une telle attitude, si elle se prolonge, est néfaste pour votre qualité de vie et peut conduire à une rechute. Avec votre médecin ou votre psychothérapeute, cherchez à définir une bonne mesure s’agissant d’activités et de contacts avec autrui.

N’hésitez pas à recourir aux activités qui pourraient vous distraire de vos symptômes. Promenades, activités sportives ou lecture peuvent vous faire du bien. Des groupes d’entraide ou d’autres prestataires proposent peut-être des activités qui vous apportent un soutien bienvenu.

Les drogues et l’alcool ont une influence défavorable sur l’évolution de la maladie et peuvent déclencher une rechute. Soyez prudent avec l’alcool et renoncez à toutes les drogues! Le cannabis (haschisch, marijuana) peut provoquer ou aggraver une psychose!

Adresses utiles

VASK Suisse
(Associations de proches de personnes souffrant de schizophrénie/troubles psychiques)
St. Alban Anlage 63
4052 Basel
Téléphone 061 271 16 40
info@vask.ch

VASK Aargau
Zürcherstrasse 241
Postfach 432/P1
5201 Brugg
Téléphone 056 222 50 15
MO 09:30 - 11:30
DO 09:30 - 11:30
info@vaskaargau.ch
www.vaskaargau.ch

VASK Bern
Postfach 8704
3001 Bern
Büro: Marktgasse 36, 3011 Bern
Téléphone 031 311 64 08
MO: 09:00 - 11:00
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Postfach
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Téléphone 081 353 71 01
MO: 08:30 - 11:30
DO: 14:00 - 17:30
vask.graubuenden@bluemail.ch
www.vaskgr.ch

Assoc. Le Relais Genève
Maison des Associations
Rue des Savoises 15
1205 Genève
Téléphone: 022 781 65 20
LU: 14:00 - 16:20
VE: 14:00 - 16:30
info@lerelais.ch
www.lerelais.ch

Association L’îlot
Avenue d’Echallens 131
1004 Lausanne
Téléphone 021 588 00 27
info@lilot.org
www.lilot.org

Stiftung Rheinleben
Clarastrasse 6
4058 Basel
Téléphone 061 686 92 22
MO – FR
08.30 – 12.00/14.00 – 16.00
info@rheinleben.ch
www.rheinleben.ch

Services psychiatriques
cantonaux

Links
www.psychiatrie.ch
www.sgvt-sstcc.ch

VASK Zentralschweiz
Postfach 534
6210 Sursee
Téléphone 041 921 60 48
MO: 14:00 - 16:00
FR: 14:00 - 16:00
info@vask-zentralschweiz.ch
www.vask-zentralschweiz.ch

VASK Ostschweiz
Bahnhofplatz 5
Postfach 2238
9001 St. Gallen
Téléphone 071 866 12 12
werktags, ohne Gewähr
info@vaskostschweiz.ch
www.vaskostschweiz.ch

VASK Schaffhausen
Webergassen 48
8200 Schaffhausen
Téléphone 052 625 55 80
werktags, ohne Gewähr

VASK Ticino
C.P. 130
6934 Bioggio
Téléphone 076 453 75 70
vaskticino@gmail.com
www.vaskticino.ch

VASK Zürich
Langstrasse 149
8004 Zürich
Téléphone 044 240 48 68
DI: 10:00 - 14:00
DO: 15:00 - 18:00
info@vaskzuerich.ch
www.vaskzuerich.ch

Services psychiatriques universitaires
- Universitätsklinik für Psychiatrie und Psychotherapie Bern, PUK
- Universitäre Psychiatrische Kliniken Basel, UPK
- Psychiatriesche Universitätsklinik Zürick, PUK
- Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), Psychiatrie
- Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV), Psychiatrie

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Dans notre guide, vous trouverez toutes les informations les plus importantes sur la maladie.