La migraine – un autre type de céphalée?

La migraine est plus qu’une simple céphalée. Les crises et symptômes à répétition nuisent à la qualité de vie au quotidien des personnes touchées. Quelles sont les causes de cette maladie, comment se déclenche une crise migraineuse, et quels sont les traitements existants? Nous nous penchons sur ces questions et quelques autres.

Que savons-nous sur la migraine?

La migraine est un événement cérébral complexe qui se développe sur plusieurs heures ou jours. L’activité physique peut amplifier les crises douloureuses, qui sont souvent accompagnées d’autres troubles. Les crises migraineuses non traitées durent généralement entre 4 et 72 heures.

La migraine touche les nerfs et les vaisseaux sanguins

Toute la complexité du déroulement, des causes et des déclencheurs des crises migraineuses n’est pas encore connue. Le corps médical postule toutefois que le tronc cérébral, la liaison entre la moelle épinière et le cerveau, comporte des zones activées par des neurotransmetteurs de la douleur lors d’une crise migraineuse. Ce phénomène entraînerait des inflammations et des dilatations des vaisseaux sanguins qui sont considérées comme responsables des céphalées typiques des migraines. La substance messagère vasodilatatrice CGRP (Calcitonin Gene-Related Peptide) est un neuropeptide composé de 37 aminoacides – depuis quelque temps, elle est de plus en plus étudiée dans le cadre des recherches sur la migraine. 

Une protéine endogène au cœur de la recherche

En cas de crise migraineuse, le corps libère davantage de CGRP, par le biais entre autres des fibres du nerf trijumeau. Cette libération semble modifier la sensibilité des nerfs le long de certains vaisseaux sanguins, dilater fortement des artères cérébrales, et déclencher des réactions inflammatoires.

Il est possible d’appliquer des stratégies prophylactiques pour une meilleure qualité de vie

La migraine représente un lourd fardeau à porter, aussi bien pour les patients que pour leurs proches et pour la société tout entière. Le traitement prophylactique peut réduire le degré de sévérité des crises migraineuses, voire même les annuler complètement. Les patients apprécient réellement chaque jour avec une migraine moins forte, ou carrément absente. 

Déclencheurs de la migraine

La prophylaxie ne peut fonctionner que si l’on connaît les déclencheurs, c’est-à-dire les événements à l’origine de la migraine. Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’elle peut être évitée. Pour réussir à identifier ces déclencheurs, il peut être utile de tenir un journal des migraines. Notez-y les dates, les durées et les déclencheurs de vos crises migraineuses. Votre journal vous aide à identifier les déclencheurs et les facteurs déterminants, et à mieux évaluer votre propre situation et vos besoins.

Les déclencheurs les plus fréquents sont:

  • Situations du quotidien, comme le surmenage ou le stress
  • Consommation d’alcool, de caféine ou de nicotine
  • Changements météorologiques
  • Modifications du rythme de sommeil
  • Excès de lecture ou de télévision
  • Influences extérieures, comme les lumières fortes / clignotantes, le bruit ou les odeurs
  • Fluctuations hormonales
  • Déshydratation
  • Aliments riches en histamine et en tyramine (produits de longue conservation comme le fromage, la saucisse, le jambon ou la choucroute)

Différents types de migraine

Chaque crise migraineuse est différente, aussi bien en termes d’intensité et de durée qu’en ce qui concerne les symptômes concomitants et la souffrance personnelle. Il est tout de même possible de les répartir dans les grandes catégories présentées ci-après.

Migraine avec et sans aura

Si la migraine est précédée par des troubles neurologiques, comme par exemple des troubles visuels, on parle alors de migraine avec aura. Cette aura peut durer jusqu’à une heure, et être accompagnée de troubles sensoriels unilatéraux, de paralysies, de troubles du langage, ou de plusieurs de ces symptômes.

En plus de la classification de la migraine avec et sans aura, on en distingue deux autres formes. 

Migraine épisodique

On parle de migraine épisodique lorsque les céphalées se manifestent jusqu’à 14 jours par mois. 

Migraine chronique

On parle de migraine chronique lorsque les céphalées se manifestent au minimum 15 jours par mois, 8 d’entre elles ayant un caractère migraineux, pendant 3 mois de suite. Cette forme se développe souvent à partir d’une forme épisodique où les crises migraineuses surviennent progressivement de plus en plus souvent et deviennent continuellement plus longues et plus fortes.

Les crises migraineuses et leurs phases

Une migraine peut se décomposer en quatre phases: 

  • Stade prodromal (signes avant-coureurs)
  • Phase d’aura
  • Phase de céphalée
  • Phase de régression

Ces quatre phases ne se présentent toutefois pas lors de toutes les crises migraineuses chez tous les patients. De plus, les phases peuvent se chevaucher. Elles contribuent toutes à la souffrance et à la perturbation des personnes concernées.

 

Stade prodromal

Le stade prodromal est une phase au cours de laquelle apparaissent des symptômes non spécifiques qui précèdent la céphalée ou l’aura. Ils se présentent généralement entre 1 et 24 heures avant la céphalée. On soupçonne que les signes annonciateurs de la migraine touchent plus de 80% des personnes migraineuses.

Phase d’aura

La phase d’aura se manifeste chez environ 20% des patients migraineux. La céphalée peut suivre cette phase ou se présenter en même temps. Elle dure entre 5 et 60 minutes et se distingue par la manifestation de symptômes neurologiques. Les troubles visuels sont les plus fréquents. La phase d’aura peut comprendre d’autres symptômes, comme des troubles de la sensibilité (engourdissements, fourmillements), des sensations de vertiges, des troubles moteurs, ou encore une perte passagère de la capacité à parler, à lire ou à écrire. 

Phase de céphalée

La phase de céphalée se distingue par un mal de tête unilatéral fortement pulsatile, d’intensité moyenne à forte. L’activité physique peut aggraver cette douleur. En l’absence de traitement efficace, les symptômes peuvent durer de quelques heures à plusieurs jours. 

 

Phase de régression

Environ 70% des personnes touchées connaissent une phase de régression dans le cadre de leurs crises migraineuses. Cette phase est accompagnée d’un sentiment de faiblesse et d’épuisement. Peuvent également survenir des troubles cognitifs, des symptômes gastro-intestinaux, des fluctuations d’humeur ainsi qu’une sensibilité accrue à la douleur.

La prophylaxie antimigraineuse – est-elle possible?

La migraine peut être extrêmement douloureuse et nuire à la qualité de vie des personnes concernées. Dans bien des cas, les activités professionnelles et sportives ou encore le quotidien familial sont extrêmement limités, voire impossibles, en raison de la gravité des symptômes.

La migraine a été classée comme l’une des causes les plus répandues au monde d’années de vie perdues.Grâce aux méthodes modernes de traitement, cette pathologie est généralement bien prise en charge aujourd’hui, et les crises migraineuses peuvent être soulagées rapidement, et souvent durablement.

Pour bon nombre des personnes migraineuses, il est essentiel d’agir avant que les douleurs s’annoncent ou se manifestent. Le plus important est de les bloquer, et d'agir activement pour empêcher qu’une crise puisse se déclencher.

Pour prévenir les crises migraineuses, vous pouvez essayer d'identifier leurs causes ou déclencheurs, puis de les éviter. Le journal des migraines peut vous aider en cela. D’autres mesures de soutien peuvent également prévenir les céphalées, comme un sport d’endurance de faible intensité, des techniques de relaxation ou une alimentation saine.

Il existe à l’heure actuelle divers médicaments de prophylaxie antimigraineuse qui peuvent réduire la fréquence et l’intensité des crises. Les traitements de prévention doivent être pris régulièrement à long terme, indépendamment des phases de douleurs aiguës. Les préparations sont proposées sous forme de comprimés ou d’injections.

Il existe une nouvelle approche qui consiste à traiter la migraine avec des anticorps dirigés contre le CGRP (Calcitonin Gene-Related Peptide). Contrairement aux autres médicaments, ce traitement a été développé spécifiquement pour la prophylaxie de la migraine.

Quels patients en bénéficient le plus?

  • Si vous avez une crise migraineuse lors de quatre jours ou plus chaque mois, il serait judicieux d’envisager un traitement médicamenteux prophylactique.
  • De même, si vos douleurs ne répondent pas au traitement aigu pendant les crises migraineuses, la prophylaxie peut être indiquée.
  • Dans certains cas, il est impossible d’envisager des traitements antalgiques aigus en raison des effets indésirables ou d’autres maladies préexistantes. Dans ces cas, la prophylaxie antimigraineuse peut être une alternative intéressante.

Parlez-en à votre médecin

Il relève principalement de votre choix personnel de prendre ou non un traitement prophylactique. Le type de prophylaxie antimigraineuse appliqué dépend de l'impact qu'a pour vous la migraine et de l’appréciation individuelle des avantages et inconvénients du traitement. Seul votre médecin peut vous aider dans cette décision. Il est ainsi essentiel que vous évoquiez avec lui tous les traitements envisageables. Pour pouvoir mieux jauger votre situation, il est utile de tenir un journal des migraines que vous pourrez présenter à votre médecin lors d’une consultation.

Vivre avec la migraine – puis faire quelque chose contre?

Vivre avec la migraine représente de nombreux défis pour les personnes concernées, qui peuvent avoir un sentiment de dégradation de leur qualité de vie. Certaines astuces toutes simples peuvent parfois aider à échapper à la spirale de la migraine. Vous trouverez ici quelques suggestions qui pourront vous aider à apaiser quelque peu votre quotidien avec la migraine.

Tenez un journal

Vivez votre vie avec conscience et prudence. Vous apprendrez beaucoup sur votre migraine et sur vous-même en observant consciemment votre quotidien. Cette expérience pourra vous aider à reconnaître les signes annonciateurs de la migraine, à prévenir les crises, et à réagir au mieux pendant les phases aiguës. En plus de la durée et de l’intensité des crises, vous pouvez noter dans votre journal les mesures qui vous ont apporté un soulagement. Notez également les autres détails. Vous décèlerez peut-être dans votre alimentation, dans la météo, les situations professionnelles ou interpersonnelles certains éléments qui déclenchent les migraines. Une fois que vous connaîtrez vos déclencheurs, vous pourrez peut-être les éviter ou y réagir en conséquence. 

Essayez de penser de manière positive: il est important de prendre conscience des choses positives aussi, dans la vie. Documentez les jours sans douleurs. Notez ce qui a enrichi votre journée et ce que vous avez trouvé de particulièrement plaisant. Il est judicieux, de manière générale, d’intégrer la rédaction du journal dans votre routine quotidienne. Il peut être utile, par exemple, de coucher par écrit les plus jolis moments de votre journée avant d’aller vous coucher, afin d’entamer la nuit sur une note positive.

Mangez et buvez régulièrement

Une alimentation réfléchie, et surtout régulière, peut vous aider à réduire le nombre de jours de migraine chaque mois et à atténuer les douleurs. Des études ont montré qu’un déficit en magnésium pouvait être à l’origine des crises migraineuses. Le magnésium se trouve surtout dans les légumes verts, les pâtes complètes, le riz complet, le quinoa, le millet et les noix. 

Une alimentation équilibrée, c’est aussi 1,5 à 2 litres de fluides. Buvez surtout de l’eau, des tisanes aux herbes ou aux fruits, ou encore des jus de fruits dilués! Il est déconseillé de consommer des boissons très sucrées ou de grandes quantités de café.

Bougez régulièrement

La pratique sportive, en particulier les sports d’endurance de faible intensité, peuvent aussi atténuer les douleurs dues à la migraine, vous changer les idées, et soulager le mental. L’activité physique peut jouer un rôle central quant à l’intensité et à la fréquence des migraines. Certains sports, comme le jogging, la marche, la randonnée, le vélo ou la natation sont particulièrement indiqués pour la prévention de la migraine. Réfléchissez à ce qui vous procure le plus de plaisir et vous motivera à pratiquer régulièrement une activité physique. Le fait de rester longtemps debout ou assis dans une même position peut contribuer aux crises migraineuses. 

Veillez à vous – prenez du temps pour vous

Les techniques de relaxation font partie des mesures de prévention non médicamenteuses les plus importantes en cas de migraine. La relaxation peut vous aider, car certains exercices ciblés, comme la relaxation progressive de Jacobson ou l’entraînement autogène, permettent de détendre la musculature et d’éliminer le stress. Les techniques de relaxation sont particulièrement efficaces à partir du moment où elles sont pratiquées régulièrement. Réservez un temps à cet effet dans votre organisation au jour le jour et recherchez la technique qui vous convient le mieux. Il existe de très nombreuses techniques de relaxation: yoga, exercices de respiration, méditation, fasciathérapie, qi gonq, tai chi, et bien d’autres encore… D’autres personnes trouveront la relaxation en faisant de la course à pied le matin, en travaillant sereinement au jardin, ou en peignant un tableau.

Prenez aussi le temps d’une pause au quotidien et prenez le temps de ne rien faire. Vous pouvez également écouter de la musique, lire un livre ou faire une promenade. Essayez d’accorder un espace aux choses que vous aimez faire. Préférez dire «non» une fois de plus lorsque vous sentez que certaines situations vous mettent sous pression et que vous n’avez pas de temps pour vous. 

Exercez-vous à la sérénité

Personne n’est parfait! Avancez au jour le jour dans la sérénité et évacuez la pression. Restez dans la détente et la flexibilité, surtout lorsque quelque chose ne se déroule pas de la façon que vous aviez imaginée. Il est rarement utile de s’énerver parce qu’une situation est telle qu’elle est, et non pas telle que vous vous l’étiez représentée. Respirez profondément et prenez – mentalement – un peu de recul. Réfléchissez à ce que vous offre la situation au lieu de vous concentrer sur ce qui ne fonctionne pas. Si le plan A ne fonctionne pas, il y aura encore le plan B, et ainsi de suite jusqu’au plan Z. Vous pouvez peut-être trouver du réconfort dans l’idée que chaque difficulté recèle une opportunité de découvrir quelque chose de nouveau ou d’inattendu.

Conseils au quotidien contre la migraine 

  • Peignez les murs de votre habitation dans des couleurs sombres et soutenues qui vous plaisent. Ces teintes peuvent contribuer à réduire l’intensité de la lumière. Choisissez pour cette nouvelle décoration une peinture qui ne dégage pas d’odeur forte, afin d’éviter que cela même déclenche une crise migraineuse.
  • La sensibilité à la lumière est un symptôme bien connu de la migraine. Installez un système vous permettant si nécessaire de bannir les lumières vives de votre habitation, comme par exemple des rideaux occultants. Si vous avez besoin de réagir rapidement, une grande serviette de bain ou une tenture sombre tendue devant la fenêtre et maintenue avec des pinces à linge sera déjà une bonne aide.
  • Les éclairages indirects pouvant être atténués ont un effet relaxant. Aménagez-vous une pièce où vous vous sentez bien. Elle pourra vous servir de lieu de repli en cas de crise migraineuse, ou encore tenir le rôle d’une oasis de détente dans votre quotidien. Pour l’aménagement, n’oubliez pas que la pièce doit pouvoir être assombrie facilement, et qu’il est possible d’obtenir une très bonne isolation phonique.
  • Les casques à réduction de bruit peuvent atténuer les éventuels bruits ou facteurs de distraction. Les bruits trop forts peuvent déclencher une migraine ou en amplifier les symptômes. Les casques aident à réduire les contraintes sonores et signalent à votre entourage que vous préféreriez ne pas être importuné.
  • Portez des lunettes de soleil les jours de grand beau temps, ou dès que la luminosité vous gêne. Il existe des lunettes spéciales pour les personnes migraineuses. Renseignez-vous auprès d’un opticien.
  • Essayez d’entamer chaque jour positivement et de ne pas ruminer outre mesure. C’est sûr que vous rencontrerez toujours des difficultés dans votre vie, et que vous pourrez avoir d’autres crises migraineuses, mais cela ne devrait pas pour autant vous gâcher vos bons jours. La crainte d’une crise migraineuse peut vous tracasser jusqu’au point où elle sera elle-même la cause de la crise. Profitez des bons moments pour recharger vos batteries.
  • Il est essentiel que vous ayez un sommeil réparateur. Essayez de ne pas emporter les soucis de la journée dans votre sommeil. Il pourra peut-être vous aider de coucher par écrit avant de dormir ce que vous avez vécu dans la journée, ou de faire quelques exercices de relaxation pour vous libérer l’esprit.

Le journal des migraines – comment et pourquoi il peut être utile

Si vous souffrez de migraines, vous n’avez peut-être pas tellement envie de vous confronter plus que nécessaire à vos problèmes. C’est pour cela que la tenue d’un journal des migraines pourra vous demander un peu d’effort au début. Mais un journal bien tenu fournit énormément d’informations aux personnes souffrantes et à leurs médecins, et peut être très utile dans différentes situations.

Que devriez-vous noter dans votre journal des migraines?

Il n’y a pas de réponse définitive à cette question. Ce que vous mettrez dans votre journal des migraines dépendra du but dans lequel vous voulez l’utiliser. 

  • Doit-il servir à simplement documenter les douleurs et les symptômes ainsi que le déroulement du traitement? Dans ce cas, notez les faits essentiels au sujet de vos crises migraineuses et des mesures thérapeutiques.
  • Si vous voulez plutôt identifier les déclencheurs de la migraine, notez alors les circonstances avant et après une crise douloureuse.

 

Quel que soit l’objectif de cette documentation, l’essentiel est de tenir le journal des migraines sur une longue période. Une période de deux mois vous donnera, à vous et à votre médecin, un bon aperçu de vos migraines, des phénomènes concomitants et des possibles déclencheurs. Notez également les périodes sans douleurs. 

Mettez vite par écrit les faits relatifs aux crises migraineuses, car les détails importants peuvent se dissiper rapidement. 

Soyez bien préparé grâce au journal des migraines

Le journal des migraines vous permet de vous préparer au mieux à la prochaine consultation chez le médecin. En plus des données sur vos crises migraineuses, vous pouvez y noter des questions ou des sujets importants que vous souhaiteriez aborder. 

Les données les plus importantes pour votre médecin sont:

  • Quelle est la fréquence des crises migraineuses?
  • Combien de temps durent les épisodes?
  • Quelle est l’intensité des symptômes?
  • Quels phénomènes concomitants se manifestent et combien de temps perdurent-ils?
  • Quels médicaments prenez-vous et font-ils effet?   

Ces informations permettront au médecin de contrôler le déroulement du traitement et de choisir avec vous des mesures thérapeutiques appropriées pour traiter la migraine de manière plus ciblée.

De plus, il est important de surveiller la fréquence des prises d’antalgiques, et d’éviter ainsi une surconsommation.

Documentez également les mesures non médicamenteuses, aussi bien les mesures prophylactiques que les mesures qui vous ont aidé lors de situations aiguës. Vous pourrez ainsi déterminer ce qui vous aide vraiment pour prévenir les crises, et vous apprendrez au fil du temps à gérer votre migraine de mieux en mieux. Vous trouverez de plus amples informations sur les mesures de traitement sous la rubrique Prophylaxie de la migraine.

Décelez les déclencheurs

Si vous voulez utiliser votre journal des migraines pour détecter les déclencheurs ou les causes, notez les phénomènes concomitants aux crises. Les entrées devraient refléter le déroulement normal de votre journée ainsi que les particularités. Voici certaines des informations que vous pouvez noter: 

  • Qu’avez-vous mangé et quand?
  • Avez-vous suffisamment mangé ou avez-vous eu faim à un ou plusieurs moments?
  • Avez-vous suffisamment bu au cours de la journée?
  • Quand vous êtes-vous levé et quand êtes-vous allé vous coucher?
  • Avez-vous eu des efforts physiques particuliers à faire?
  • Avez-vous eu des problèmes interpersonnels ou d’autres soucis émotionnels?
  • Avez-vous souffert de stress ou votre journée dans son ensemble a-t-elle été particulièrement bousculée?
  • Documentez également des facteurs extérieurs comme le temps, le niveau sonore, les odeurs, etc.
  • Pour les femmes, documentez également votre cycle menstruel.

Plus les données sont détaillées, plus vous aurez de facilité à découvrir les éventuels déclencheurs de la migraine. Le fait de tenir un journal permet aussi souvent aux personnes concernées d'identifier ce qui a des effets positifs sur leur vie avec la migraine. Vous apprendrez ainsi non seulement ce que vous devez bannir de votre quotidien, mais aussi ce qui vous apporte de la joie.

Pas trop, pas trop peu – la bonne dose d’écriture

Le journal des migraines doit certes être tenu avec rigueur et comporter suffisamment de détails, mais veillez aussi à ne pas y investir trop d'énergie. C’est important pour ne pas alimenter des craintes ou accumuler du stress. Si vous observez consciemment votre quotidien, vous apprendrez beaucoup sur votre migraine et sur vous-même. Toutefois, si vous étudiez chaque événement à la loupe et si vous réfléchissez trop à vos douleurs et à leurs déclencheurs, vous risquez de vous laisser submerger par la migraine. Cela peut être un stress en soi et avoir des effets négatifs sur votre migraine. 

Tout ce que vous soupçonnez pouvoir être un déclencheur ne l’est pas forcément. Le principe suivant s’applique donc: restez calme.

Ne renoncez pas préventivement à tout ce qui vous fait plaisir juste parce que vous pensez que ce pourrait être un déclencheur potentiel. Éviter les déclencheurs sera pertinent en particulier si vous êtes sûr qu’il s’agit vraiment d’un déclencheur. De plus, le fait de se focaliser sur les éventuels déclencheurs peut entraîner une appréhension qui peut elle-même devenir un déclencheur. Un exemple: si vous êtes persuadé que le chocolat déclenche des migraines, vous pourrez éprouver une telle crainte en mangeant du chocolat que cela vous déclenchera une crise migraineuse. Dans un tel cas, le responsable de la crise douloureuse n’est pas le chocolat, mais la peur. C’est pour cela qu’il est crucial de garder une certaine distance lorsque vous cherchez à identifier les déclencheurs de vos migraines.

Notez également les événements positifs et bienfaisants

Prenez aussi conscience des beaux cadeaux de la vie. Documentez pour cela aussi les jours sans douleurs. Notez comment vous vous sentez, ce qui a enrichi votre journée et ce que vous avez trouvé de particulièrement plaisant. Intégrez la tenue de votre journal à votre quotidien. Il peut être utile, par exemple, de coucher par écrit les plus jolis moments de votre journée avant d’aller vous coucher, afin d’entamer la nuit sur une note positive. D’autres personnes aiment à passer le jour précédent en revue au commencement d’une nouvelle journée. Vous seul saurez quel est le meilleur moment pour écrire dans votre journal. Toutefois, n’attendez pas trop longtemps car les détails essentiels finissent par s’oublier. 

Vous pouvez vous contenter de noter les informations les plus importantes dans votre journal, ou bien documenter davantage votre vie. Votre médecin appréciera que vous sépariez vos notes personnelles des faits purs et durs. Pour les consultations, l’idéal est d’avoir des tableaux simples qui affichent plusieurs jours ou semaines en un seul coup d’œil. 

Qu’est-ce qu’une migraine ophtalmique?

Quand il est question de migraine, la plupart des gens pensent immédiatement à des crises de céphalées, et c’est d’ailleurs bien cela dans de nombreux cas. Mais attention, la migraine n’est pas forcément liée aux céphalées. Lorsque les symptômes se limitent à des troubles visuels, il peut s’agir de ce que l’on appelle une migraine ophtalmique.

Ce que l’on appelle migraine ophtalmique désigne des troubles visuels passagers touchant les deux yeux. Comme la migraine classique, c’est une maladie neurologique. Cela signifie que les troubles visuels ont leur origine dans le système nerveux. C’est pour cela qu’en cas de crise, les symptômes ne disparaissent pas même lorsque les yeux sont fermés. La migraine ophtalmique peut être accompagnée de céphalées. Soulignons qu’elle «peut» l’être mais que ce n’est pas forcément le cas; en effet, la céphalée n’est pas toujours présente lors d’une migraine ophtalmique, et elle n’est en tout cas pas au premier plan.

Les symptômes qui peuvent typiquement se manifester lors d’une migraine ophtalmique sont:

  • Le scotome: une perturbation dans le champ de vision qui se manifeste souvent comme une tache sombre ou un changement de couleur. Des lignes dentelées ou des étoiles autour de la zone troublée sont également caractéristiques du scotome.
  • Le scotome scintillant: cette forme particulière du scotome se distingue par la perception de lumières clignotantes ou de petits éclairs.

Les phénomènes concomitants peuvent aussi être des nausées, des vertiges ou une sensibilité à la lumière. Il est possible de voir double ou d’avoir des hallucinations pendant les fortes crises.

Une crise de migraine ophtalmique dure en général de 10 à 30 minutes. Elle peut durer jusqu’à une heure dans de rares cas. En règle générale, les symptômes s’estompent ensuite d’eux-mêmes. La fréquence des crises de migraine ophtalmique varie d’un patient à l’autre. Certains concernés n’en souffrent que rarement, d’autres déclarent connaître des crises quotidiennes.

Quelles sont les causes de la migraine ophtalmique?


La cause de la migraine ophtalmique n’est pas entièrement élucidée. Certains chercheurs attribuent la migraine à un trouble de la circulation qui se manifeste dans la région du cortex visuel en cas de migraine ophtalmique. À cause de l’irrigation insuffisante, le traitement des stimuli responsables de la vision est défectueux. 

Comment traite-t-on une migraine ophtalmique?


Il n’existe pas de traitement spécifique pour la migraine ophtalmique. Les symptômes visuels disparaissent généralement au bout de 10 à 30 minutes, et la meilleure manière de gérer une migraine ophtalmique consiste souvent à se retirer au calme dans une pièce sombre. Il est souvent possible de se passer de médicaments. Si un traitement médicamenteux venait à être nécessaire, par exemple parce qu’une céphalée se manifeste en même temps, ce serait le même traitement que pour une migraine classique. 

Quelles sont les causes de la migraine ophtalmique?

Tout comme la migraine classique, la migraine ophtalmique est souvent amorcée par certains facteurs, les déclencheurs. Les déclencheurs les plus courants sont entre autres le stress, les lumières crues et clignotantes, les fluctuations hormonales chez les femmes, la consommation d’alcool, la faim, les variations météorologiques, et les composants de certains aliments ou médicaments. 

Les personnes qui savent quels sont leurs déclencheurs arrivent souvent à réduire la fréquence des crises en évitant les facteurs critiques. Le journal des migraines peut aider à mieux connaître ses propres déclencheurs. Vous trouverez plus d'informations sur le journal de la migraine dans le chapitre correspondant.

Il n’est toutefois pas toujours possible d’éviter ses déclencheurs. Certaines personnes déclarent que les longues périodes de travail passées sur un ordinateur ou un téléphone mobile pourraient être un déclencheur. Tous les métiers ne permettent pas d’éviter cela. Il peut être utile de faire des pauses régulières et de regarder au loin, les yeux détendus. De manière générale, nous avons de nombreuses indications que les techniques de relaxation comme l’entraînement autogène ont un effet préventif et réduisent la fréquence des crises. Vous trouverez d’autres conseils pour la prévention sous la prophylaxie antimigraineuse – est-elle possible?

Quelle est la différence entre une migraine ophtalmique et une migraine avec aura?

La distinction entre migraine avec aura et migraine ophtalmique n’est pas complètement tranchée. On met parfois ces deux types de migraine sur le même plan, car la migraine classique avec aura peut elle aussi être accompagnée de troubles visuels, comme des éclairs lumineux et des taches aveugles. Il y a toutefois une différence: la céphalée est au premier plan de la migraine classique, alors que ce sont les troubles visuels qui sont les plus forts dans la migraine ophtalmique, tandis que la céphalée joue un rôle secondaire, quand elle se manifeste. 

Une forme spéciale de migraine ophtalmique: la migraine rétinienne

Dans le cas d’une migraine rétinienne, les troubles visuels ne touchent pas les deux yeux, mais un seul. Cette forme de migraine ophtalmique est très rare. On la trouve chez environ 1 patient migraineux sur 200. Dans ce cas aussi, les troubles visuels peuvent être accompagnés de céphalées, mais ce n’est pas systématique. On suppose que la cause de cette forme de migraine serait une mauvaise irrigation de la rétine ou du nerf optique. Cela signifie que la partie de l’œil ou du cerveau responsable de la vue n’est pas suffisamment alimentée en sang. C’est cela qui déclenche ces troubles visuels typiques. Une crise de migraine rétinienne peut durer plus d’une heure. Elle peut même comporter une cécité temporaire. En règle générale, les restrictions visuelles qui se manifestent lors d’une migraine rétinienne disparaissent complètement au bout de quelques heures. 

Dois-je consulter un médecin en cas de migraine ophtalmique?

La migraine ophtalmique n’est généralement pas dangereuse. Toutefois, les troubles de la perception visuelle devraient toujours être examinés par un médecin, afin d’exclure d’autres causes et d’éviter des dommages permanents. Si vous êtes déjà au courant que vous souffrez de migraine ophtalmique, il est conseillé de se tourner vers un médecin lorsque les symptômes sont particulièrement forts, qu’ils persistent plus longtemps que d’habitude, ou qu’ils ne disparaissent pas complètement.